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Quitter son ancienne vie émotionnelle

Quand comprendre ne suffit plus

Un blogue pour faire le point, voir clair et choisir consciemment de quitter une ancienne vie émotionnelle.

Ici, on ne cherche pas à aller mieux.
On regarde en face ce qui retient, ce que ça coûte, et le moment où il faut cesser de négocier.

Passer de « je sais » à « je choisis ».
Parce que la libération commence par un choix.

L'ennui véritable, cet inconfort nécessaire

L'ennui véritable, cet inconfort nécessaire

April 27, 20263 min read

Pas l'ennui du dimanche pluvieux. L'autre.

Il y a l'ennui de surface — celui qui se dissipe à la première notification, au premier épisode suivant, au premier scroll descendant. Celui-là, nous le connaissons bien, et nous fuyons à toute allure. Mais il existe un ennui d'une autre nature, plus profond, plus silencieux, que les psychologues cognitivistes et les philosophes s'accordent à reconnaître comme une expérience à part entière. C'est de celui-là qu'il faut parler.

L'ennui véritable n'est pas un manque de distractions. C'est l'état dans lequel on se retrouve quand toutes les distractions ont été épuisées — ou quand on refuse de les laisser entrer. Il a une texture particulière : un vide qui pèse, une conscience aiguisée du temps qui passe, une sensation de n'être nulle part tout en étant pleinement là. C'est inconfortable. C'est précisément pour cela qu'il est précieux.

Ce que l'ennui signale

Quand l'ennui s'installe vraiment, il n'indique pas que rien ne se passe. Il indique que quelque chose attend. L'ennui profond est souvent un signal d’incohérence : ce que l'on fait ne résonne plus avec ce que l'on est, ou ce que l'on veut devenir. Il révèle un décalage entre la vie telle qu'elle est vécue et la vie telle qu'elle est désirée — de façon souvent plus honnête que n'importe quelle introspection volontaire.

L'ennui est le seuil de grandes choses, écrivait Walter Benjamin. Non pas parce qu'il mène automatiquement quelque part, mais parce qu'il suspend ce qui occupait l'espace.

Dans les recherches contemporaines en neurosciences, l'ennui active le réseau en mode par défaut — le même réseau impliqué dans la rêverie, la mémoire autobiographique et la projection vers l'avenir. S'ennuyer, c'est littéralement laisser le cerveau se réorganiser autour de lui-même. Ce n'est pas une pause dans la pensée : c'est une autre forme de pensée, moins dirigée, plus libre.

Ce que l'ennui permet

Il faut d'abord accepter qu'il soit inconfortable. L'ennui véritable n'est pas une expérience agréable, et vouloir le transformer immédiatement en quelque chose de productif, c'est passer à côté. Son utilité n'est pas de produire — elle est de permettre. Permettre à l'esprit de flâner sans destination. Permettre à des désirs enfouis de remonter. Permettre, parfois, à une idée ancienne de prendre enfin la bonne forme.

Les artistes, les écrivains, les scientifiques le savent souvent d'instinct : les meilleures idées ne viennent pas des séances de travail acharné. Elles viennent après, dans le vide qui suit, le relâchement — sous la douche, à la fenêtre, pendant une marche sans but. Ces moments ont un point commun : ils ressemblent à de l'ennui.

Tolérer l'ennui, c'est aussi apprendre à tolérer l'absence de stimulation immédiate — compétence devenue rare, presque subversive, dans une économie de l'attention où chaque seconde sans contenu est traitée comme un problème à résoudre. Résister à cet impératif, c'est une forme de liberté.

Faire de

On ne cherche pas l'ennui pour l'ennui. On apprend simplement à ne pas le fuir à chaque apparition. À rester assis avec lui une minute de plus. À observer ce qu'il fait remonter — les questions, les envies, les images. Parfois rien de spectaculaire. Parfois quelque chose d'essentiel.

L'ennui véritable est une boussole qui ne donne pas de direction — mais qui rappelle qu'on peut encore en chercher une.

📕 Suggestion de lecture 📕

📕 Topographies du souvenir : Le livre des passages, de Walter Benjamin

👉 https://www.leslibraires.ca/livres/topographies-du-souvenir-le-livre-des-bernd-witte-9782878543735.html?a=1597


Sources:

Benjamin, W. (1989). Paris, capitale du XIXe siècle : Le livre des passages (J. Lacoste, trad.). Les Éditions du Cerf. (Œuvre originale publiée en 1982)

Buckner, R. L., Andrews-Hanna, J. R., & Schacter, D. L. (2008). The brain's default network: Anatomy, function, and relevance to disease. Annals of the New York Academy of Sciences, 1124(1), 1–38. https://doi.org/10.1196/annals.1440.011

Eastwood, J. D., Frischen, A., Fenske, M. J., & Smilek, D. (2012). The unengaged mind: Defining boredom in terms of attention. Perspectives on Psychological Science, 7(5), 482–495. https://doi.org/10.1177/1745691612456044

Bench, S. W., & Lench, H. C. (2013). On the function of boredom. Behavioral Sciences, 3(3), 459–472. https://doi.org/10.3390/bs3030459

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Image générée par IA Copilot. (2026).

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